Pourquoi vouloir couvrir les guerres ?

RFI_deuilJe ne vais pas, ici, rééditer ma profonde tristesse envers ces deux assassinats au Mali, des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, que je ne connaissais pas personnellement. Comme beaucoup, d’autres du reste,  je l’ai fait sur Facebook, mais je me pose la question de savoir : s’il faut continuer à couvrir les conflits armés, dans des contrées où l’intelligence est exclue ?

Si je reprends les propos de Madame Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde, aux premières heures de la nouvelle, qui concluait « en l’absolue nécessité de continuer à aller dans ces régions, et donc à faire connaître au monde la réalité des choses », je pense que le prix à payer pour les personnes « envoyées spéciales » doit être bien pensé. Peut-on, sous le couvert de l’information, expédier des femmes et des hommes sachant que les risques sont importants, et que la mort est au bout du chemin ? Dans d’autres cas de « morts d’étrangers », le métier n’avait rien à voir avec le journalisme. Il s’agissait de touristes, de religieuses, de prêtres, de travailleurs, d’ingénieurs ou encore de militaires, comme au Rwanda, pour les paras belges.

Le débat est ouvert, pouvons-nous y réfléchir ensemble?

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Robert Genicot
Blogueur d'Europe, blogueur du Monde, curieux mais pas toujours d'accord avec cette Europe, ni ce Monde... Ostende, Belgique, je vous invite... Venez nombreux, vous ne serez pas déçus.

5 réflexions au sujet de « Pourquoi vouloir couvrir les guerres ? »

  1. Michel G. PUTMANS dit :

    La question est pertinente et interpelle. Trop de vies ont été sacrifiées sur l’autel de l’information. Je doute cependant que les journalistes se résignent à décliner ce genre de missions, auxquelles certains doivent être addicts, malheureusement pour leurs proches. Ces morts n’influencent pourtant pas la marche des conflits, et il faut admettre que dans ces conditions, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Reconnaissons leur courage qui, trop souvent, se mue en témérité…

  2. c’est effectivement une question de fond, mais on sait bien que le besoin d’information n’a pas de prix. L’information est presque un élément fondamental de l’existence humaine… que serait la RDC aujourd’hui sans une médiatisation de ce qui s’y passe, ou le Rwanda? Combien de Rwanda auraient-ils aujourd’hui sans la répercussion que cela eut dans les médias par le passé?
    Le mal c’est comme tu dis, il manque de l’intelligence dans ces zones à conflit, il manque d’humanisme et du sens de la proportion.

  3. comme vous le dites c’est une question extrement pertinente, cette question elle est mondiale ; elle merite d’avoir aussi une reponse mondiale car elle est devenue fondamentale selon moi. Mais il faut encore retenir la liberté d’informer doit etre universelle;

  4. L’émotion est à son comble dans toutes les rédactions au monde mais le seul hommage que nous puissions rendre à Ghislaine et Claude serait de continuer avec beaucoup de détermination l’oeuvre au bout de laquelle ils ont perdus leurs vies…

  5. Il faut aussi penser qu’il y a ces journalistes qui sont prêts à tout pour se rendre dans ces zones conflictuelles et aussi de guerre. C’est une passion pour beaucoup. D’autres feront tout, braveront tout pour y aller même si c’est en indépendant. La responsabilité de la rédaction peut se poser mais souvent, lorsqu’on a envoyé des journalistes dans une zone dangereuse pendant des mois et que ces derniers reviennent saints et saufs après avoir fait un bon travail, l’on a toujours tendance à vouloir y envoyer d’autres journalistes. Jusqu’à ce qu’un jour le malheur frappe et que la question se pose à nouveau. Cette question va toujours diviser parce qu’une partie pensera qu’il faut y envoyer des journalistes par devoir d’informer mais aussi parce que c’est la profession qui l’exige. D’autres penseront qu’il vaut mieux penser à sauver la vie de ces hommes et femmes.

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