Les nationalistes flamands au zénith?

A une semaine des élections communales (municipales), les enjeux se déclarent différents au nord et au sud de la Belgique. Pour les uns, la société doit changer du tout au tout, pour les autres la force du changement doit aussi se conjuguer avec un équilibre savamment dosé. En Flandres, tous les regards se tourneront vers la NV-A (Nieuw-Vlaamse Alliantie, la Nouvelle Alliance Flamande), et plus précisément dans la ville d’Anvers, où se présente le président du parti nationaliste, Bart de Wever.

 Certes, ce scrutin revêt surtout un caractère local. Dans bon nombre de cas, on privilégie la personne au programme ou à la couleur du parti. Mais au delà de ceci, la perspective de 2014, et l’échéance législative, constitue un test très important pour toutes les formations démocratiques. Si les nationalistes flamands remportent haut la main les communales, Bart de Wever pourra se targuer de briguer dans vingt-quatre mois le poste de premier.

Si pour d’aucun, la victoire des extrêmes ne fait aucun doute, tout le monde ne partage pas cet avis. Pour Tom Lanoye, dans une interview de Béatrice Delvaux, publiée dans le Soir du 4 octobre: « Les journalistes sont défaitistes, De Wever sera battu, et Janssens (actuel bourgmestre d’Anvers, socialiste) gagnera comme en 2006 ». Cet écrivain et dramaturge flamand ne détient peut-être pas la vérité absolue, mais on peut penser qu’il en connaît un bout sur la politique belge et anversoise, lui qui interprète une pièce « bilingue » (Français-Néerlandais), chose inédite, et s’étant fortement impliqué lors de la  précédente consultation locale. Pour lui, le dirigeant nationaliste ne vise que son profit personnel, et non un quelconque renouveau de la Belgique.

Pour l’heure, les sondages (qui n’ont valeur que d’indicateurs pervers) montrent moins d’un point d’avance pour De Wever sur Janssens. Voici une semaine, on donnait un écart de dix unités pour les cravates jaunes. Le revers nationaliste pourrait donc venir de la métropole anversoise, et donc conditionner toutes ces villes où la NV-A tente une percée. Et Lanoye d’ajouter: « Il (NDLR: de Wever) n’a jamais rien conduit, sauf sa voiture« …

Aux côtés de l’importance que l’on veuille donner à ces partis (NV-A et Vlaams Belang), pour les traditionnels la bataille fera rage entre le PS (socialistes), le MR (libéraux), le CdH (chrétiens) et les Écolos. Toutefois, dans certaines contrées, les listes d’union feront la loi. Un scrutin qui ne ressemble à nul autre. Proximité, le mot clé pour ce dimanche 14 octobre, et dans ce cas, des surprises devraient apparaître. Et si le régime minceur du président de l’Alliance faisait fondre les engouements nationalistes flamands?

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Robert Genicot
Blogueur d'Europe, blogueur du Monde, curieux mais pas toujours d'accord avec cette Europe, ni ce Monde... Ostende, Belgique, je vous invite... Venez nombreux, vous ne serez pas déçus.

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